Re: Les Finances du Québec

  • From: Ariane Courville <borborygmes@xxxxxxxxx>
  • To: debats@xxxxxxxxxxxxx
  • Date: Mon, 16 Aug 2010 13:20:41 -0400

Ahhhh!

Mais c'est bien tout ça. Mon silence indique que j'étais en vacances, donc
pas d'internet (car je sais, je sais, j'écris trop).

Plusieurs des propositions semblaient convenir à la majorité. Alors
rédigeons maintenant notre programme politique :-)

Pour ce qui est de la santé, je ne proposais aucune augmentation des
dépenses, cher François. J'en proposais une diminution, plus une
augmentation de la partie préventive (pour ne pas qu'il y ait de coupures
dans la prévention). Pour ce qui est des Agences, Hubert, je dois dire qu'il
est difficile pour moi de me prononcer. Je travaille "un peu" dans une
Agence en région, mais je dirais "surtout" pour la Direction de la santé
publique (DSP). Les services de la DSP ne peuvent pas être dispensés à
partir de Rimouski ou de Québec. Imaginez le territoire à couvrir! Et les
frais de déplacement et d'hôtel. Parce que, oui, les rencontres en ligne ça
fonctionne, mais il est essentiel, au moins de temps en temps, de
"rencontrer son monde". Nous donnons de la formation à beaucoup de gens.
Nous devons faire de la concertation avec des dizaines de partenaire. En cas
de catastrophe, il est utile de bien connaître le système. Etc.
Actuellement, avec peu de ressources, on arrive à connaître les rouages du
système de notre région et à tirer sur les bonnes ficelles. Le faire à
partir de Québec? Préparez-vous à augmenter le nombre de fonctionnaires et
de structures! La centralisation est à mon avis une idée égale à la
décentralisation. Ce qu'a besoin le système de santé, c'est qu'on nous
crisse la paix avec les méga structures, et qu'on regarde ce qui se fait à
une échelle plus micro (technologies, médicaments, ressources humaines). Les
gens sont réellement tannés des changements constants. Ils n'ont plus le
temps de s'adapter, et voilà qu'on leur pousse autre chose dans la gorge!

À bientôt!

Ariane








Le 28 juillet 2010 17:27, <David.Bard@xxxxxxxxxxxxx> a écrit :

>  Très intéressant tout ça!!
>
> À François: je vois, dans ta simulation, que tu as vraiment pris au pied
> de la lettre ma suggestion de rééquilibrer la part des revenus provenant de
> l'impôt des particuliers et de la TVQ.
> Toujours à François: les 261 millions perdus au titre des "revenus des
> entreprises du gouvernement" sont principalement dus à une révision à la
> baisse de 226 millions de dollars des résultats de la Société générale de
> financement du Québec. Cette baisse provient notamment des pertes et des
> provisions pour pertes attribuables aux secteurs de la pétrochimie et des
> produits forestiers. C'est relativement ponctuel (ça va durer quelques
> années).
>
> Aussi, la proposition d'ajouter quelques fourchettes supérieures à l'impôt
> des particuliers est revenue à quelques reprises.
> Je la supporte, mais pour des raisons d'équité seulement. Car les revenus
> supplémentaires que cela rapportera sont "négligeables".
>
> Je m'explique.
>
> La dernière fois, j'ai tenté de montrer que d'imposer les entreprises
> n'était pas la panacée. Pour deux raisons:
> 1) l'intention de faire davantage payer les riches (via les entreprises) ne
> se transpose pas très bien dans les résultats.
> 2) le Québec est une économie de PME. Des banques, des pétrolières, il n'y
> en a pas ici. Une fois que l'on exclut les entreprises gouvernementales
> (Hydro-Québec, la STM, Loto-Québec, la SAQ) et les coops (Desjardins, la
> Coop fédérée, Agropur), des grosses entreprises (Bell, Bombardier, Quebecor,
> RONA, CGI, Métro, Garda, Transcontinental, Couche-Tard etc.) il n'y en a pas
> tant que ça.
> On doublerait l'impôt des sociétés (PME incluses), on n'effacerait même pas
> le déficit.
>
> Par rapport à l'idée d'imposer davantage les riches, c'est un peu la même
> situation.
> Attention!!! Je ne dit pas dit qu'il ne faut pas le faire, loin de là.
> Je dis que cela ne rapportera pas tant d'argent que cela.
>
> Selon les statistiques fiscales du gouvernement du Québec, en 2007
> (données les plus récentes):
> Les "100 000$ et +" représentait 3,6% des contribuables (214 237 pour être
> plus précis), 18,8% des revenus et 30,8% de l'impôt payé.
>
> Toujours au Québec, si on augmentait de 10% l'impôt à payer des "100 000
> et +", les revenus d'impôt du gouvernement québécois augmenterait de 3,1%,et 
> les
> revenus totaux du gouvernement augmenterait de 0,9% (ou 540 millions).
>
> Les chiffres sur les "250 000$ et +" ne sont pas publiées pour le Québec,
> car leur nombre est trop "faible".
> Mais on peut les déduire, imparfaitement, à partir des chiffres de Revenu
> Canada.
> Au Québec, les "250 000$ et +" représentait au plus 0,4% des 
> contribuables(±20 000),
> 5% des revenus et 11% de l'impôt payé.
>
>  Si on augmentait de 20% l'impôt à payer des "250 000 et +" au Québec, les
> revenus d'impôt du gouvernement québécois augmenterait de 2%, et les
> revenus totaux du gouvernement augmenterait de 0,5% (ou 350 millions).
>
> Bref, ajouter 1, 2, 3, 5, 10, 20 paliers supérieurs d'imposition, ça peut
> se faire et je pense que, par mesure d'équité, ce serait pertinent. Ainsi,
> l'idée de Philippe d'avoir un taux marginal tendant vers 100% est
> audacieuse, et pas insensée.
> MAIS, ce n'est pas comme ça qu'on réglera notre problème.
> 540 millions ou 350 millions, ce ne sont pas des petits montants. C'est
> vrai. Mais à l'échelle du gouvernement, c'est respectivement 3 et 2 jours de
> fonctionnement.
>
>
> Le problème, selon moi, c'est qu'il ne reste plus vraiment de "niches"
> d'exemptions fiscales. Il n'y a pas une mine d'or dont la découverte
> résoudrait tous nos problèmes. Il n'y a pas de solution facile, qui réglera
> tout, sans affecter la majorité. Bref, il ne faut pas s'attendre à une
> solution où seraient mis à contribution seulement les 1%, 5% ou 10% les plus
> riches de la population.
>
> Ceci étant dit, nous sommes toujours du côté des revenus. Une partie de la
> solution est aussi de l'autre côté.
>
>  Et ça revient encore à l'adéquation entre ce qu'un gouvernement doit
> prendre, pour offrir ce que l'on veut de lui.
> Si l'on souhaite que le gouvernement prenne moins, acceptons qu'il donne
> moins.
> Et si l'on souhaite que le gouvernement donne plus, acceptons qu'il prenne
> plus.
> C'est relativement simple. Mais pourtant, la perception comme quoi le
> gouvernement "en a" de l'argent est largement répandue.
>
>
>
> David
>
>
>

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