[Helpc] Une start-up américaine en appelle aux internautes pour combattre le spam

Une start-up américaine en appelle aux internautes pour combattre le
spam

Par Stefanie Olsen
ZDNet France
21 juin 2002






Pour endiguer la marée montante de la pub sauvage par email qui envahit
nos boîtes aux lettres, la société Cloudmark parie sur l'intelligence
collective de la communauté des internautes. Reste à tester l'outil
auprès des utilisateurs. 
Après avoir oeuvré deux ans et demi dans le plus grand secret,
Cloudmark, une start-up de San Matéo (Californie), a levé le voile sur
son nouvel outil anti-spam. Baptisé SpamNet, le programme s'en remet aux
utilisateurs pour repérer et trier les messages publicitaires. 
Fondée par Jordan Ritter, l'un des pères de Napster, et Vipul Ved
Prakash, développeur open-source, la petite société californienne mise
sur les bienfaits de la démocratie, du Réseau et de la collaboration
entre les internautes, pour lutter contre des officines de marketing
électronique dénuées de tous scrupules.
Car c'est un fait, malgré les efforts répétés pour l'endiguer, le
phénomène spam ne cesse de proliférer. La société d'études Jupiter
estime que, dans le monde, les utilisateurs recevront jusqu'à 206
milliards de courriers électroniques publicitaires en 2006 - soit
environ 1400 messages par personne, la moyenne pour 2002 étant de 700.

Un pari sur l'intelligence des internautes

Les qualités mêmes de l'internet, son ouverture, sa flexibilité et sa
capacité de redondance n'ont pas toujours constitué des atouts pour les
escouades de sociétés qui ont tenté de déjouer les offensives des
spammeurs. Certaines, comme Spam Cop ou Spam Killer, ont déjà introduit
des outils permettant aux victimes de notifier les agressions
publicitaires à leur fournisseur de services. Une forme d'action
démocratique qui ne s'est guère avérée efficace. 
Cloudmark n'est donc pas la première à s'attaquer au problème, mais son
projet est sans conteste le plus audacieux. Prakash a tiré le nom de la
compagnie du roman de science-fiction «A Fire Upon the Deep» ("Un feu au
dessus de l'abîme") de Vernon Vinge, professeur à Stanford. Il y décrit
un routeur de la taille d'une planète «capable de filtrer les spams».
Prakash et le président de la start-up, Karl Jacob, ont expliqué à CNET
News.com qu'en faisant appel à l'intelligence de la communauté internet
dans son ensemble, leur programme évitait l'écueil habituel: identifier
le message publicitaire et actualiser les filtres censés le bloquer.
Pour Kevin Werback, expert en technologie chez Edventure Holdings, «le
plus excitant avec Cloudmark, c'est qu'on a une réponse distribuée à un
problème distribué». «Il y a une telle masse de spammeurs, qu'il est
difficile de trouver les algorithmes qui vont intercepter leurs messages
et laisser passer les [bons] emails. Mais si des milliers ou
potentiellement des millions de personnes s'y attellent, alors vous
pouvez générer une réponse qui se répande presqu'aussi vite que le
spam.»
Pour les particuliers, Cloudmark sera disponible gratuitement. Une
version plus complète pourrait être commercialisée. La société prévoit
également de vendre des licences à des entreprises clientes. Certaines
sont déjà en phase de test.
«Cloudmark opère sur la base d'un système d'évaluation de confiance.
Pour identifier un spam, il évalue la fiabilité des suggestions des
utilisateurs» explique Karl Jacob, ex-dirigeant du site de conseils
Keen.com. «On se base sur divers facteurs: depuis combien de temps ils
sont dans la communauté, combien de messages ils ont signalé, combien
ont été vérifiés. Au final, celà donne un système de vote démocratique.»
Spamnet est dérivé de Razor, un système open-source de filtrage
collaboratif écrit par Prakash. Il passe au crible quelques 5 millions
de messages par jour. La communauté, baptisée elle aussi Spamnet, compte
environ 5000 «utilisateurs» ou adresses IP connectées, et plus de 60
fournisseurs d'accès de taille moyenne. Et d'autres particuliers
viendront grossir les troupes.

Un concept de filtrage différent des systèmes existants

Le programme de Cloudmark nécessite d'ajouter un plug-in qui opère en
tâche de fond dans Microsoft Outlook, seul gestionnaire de courrier
compatible pour le moment. Les utilisateurs verront apparaître un
nouveau dossier Spam dans la colonne de gauche d'Outlook et une barre de
tâches en haut. «Chaque fois que l'utilisateur considère que le message
reçu est publicitaire, il le signale au programme en cliquant sur le
premier bouton dans la barre.» 
En l'état actuel, le logiciel dérive le message publicitaire vers le
dossier spam qui l'identifie grâce à l'une des 2,5 millions de
«signatures», des combinaisons de 0 et de 1 associées aux messages
entrants. Plus il y aura consensus entre les utilisateurs, plus le spam
sera reconnu en temps réel. Et plus il y aura de participants, plus la
base de données sera pointue. 
Cette technique des signatures est différente des systèmes de filtrage
basés sur le language parlé, les en-têtes ou les adresses IP des
messages commerciaux. Elle diffère également des outils anti-spam
utilisant des «règles», comme celui de la société Brightmail qui de
l'avis de Jacob, n'est pas un modèle suffisamment maléable. Il faut
constamment que les gens y ajoutent de nouvelles règles, et le système,
qui doit à chaque entrée vérifier un nombre croissant de paramètres,
ralentit. A l'inverse, Cloudmark a recours à des algorithmes pour
rapidement trouver dans la base de données la signature qui convient,
sans devoir scanner toute la base. 
Aux dires d'un représentant de Brightmail, la société aurait filtré plus
de 10 milliards d'e-mails et bloqué 1 milliard et demi de messages
publicitaires au cours des douze derniers mois. Le système est actualisé
en permanence pour éviter les temps de latence pendant l'examen des
messages. Et la plupart des règles, ajoute-t-il, sont écrites
automatiquement, sauf dans le cas d'attaques commerciales sophistiquées.

Cloudmark n'a pour sa part qu'une obsession: convaincre les internautes.
«On n'a encore jamais vu une communauté se liguer contre le spam, du
moins pas à l'échelle à laquelle ils espèrent le faire» fait remarquer
Ray Everett-Church, membre du e-Privacy Group, un bureau de consultants
de Philadelphie. «Ils ont un atout: une communauté très active qui en a
assez du spam et qui est prête à innover pour stopper cette pollution.»
Reste à Spamnet à faire ses preuves, et ne pas devenir une fausse bonne
idée.
 
 
 
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Shaka( Rudy)
HelPC list owner
shaka.rudy@xxxxxxxxx
 
 

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