[Helpc] Résonances éthiques dans les technologies de géolocalisation
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- Date: Sat, 3 Aug 2002 10:40:12 +0200
Résonances éthiques dans les technologies de géolocalisation
Par Jerome Thorel
ZDNet France
30 juillet 2002
Se laisser localiser grâce à son téléphone mobile, pour des besoins
d'urgence ou de confort, restera-t-il un acte volontaire? Entre exigence
légale, besoin technique et responsabilité morale, les industriels
préparent leurs arrières.
L'industrie des LBS (Location-based Services) a quelques soucis
déontologiques. Ces services basés sur la localisation géographique d'un
téléphone cellulaire sont en effet à double tranchant. Se faire repérer,
ou pouvoir repérer un autre abonné, peut présenter une foule d'avantages
allant de la simple survie (secours d'urgence) à la commodité d'être
informé de tel ou tel événement culturel ou commercial, le tout grâce
aux balises hertziennes disséminées sur tout le territoire. Mais
l'abonné citoyen restera-t-il maître de son choix? Les traces de ses
déplacements sont-elles conservées? Par qui, combien de temps et
pourquoi?
De telles interrogations sont légitimes depuis les récentes dispositions
législatives initiées dans la foulée du 11 septembre, notamment dans les
principaux pays occidentaux. Il est question de "rétention préventive"
d'une foule de données électroniques, dont les traces de connexion d'un
abonné sur un réseau GSM, GPRS et bientôt UMTS, tout au long de ses
pérégrinations (lire notre dossier spécial,
<http://news.zdnet.fr/story/0,,t118-s2118257,00.html> Le nouveau visage
de Big Brother). La justice y aura donc accès pendant un an en France
comme dans la plupart des pays de l'UE. Mais entre-temps, comment
l'individu peut-il garder le contrôle sur les données le concernant et
s'assurer qu'elles ne sont pas abusivement consultées?
La société française Webraska, implantée en Silicon Valley, fournit de
l'architecture technologique de géolocalisation aux opérateurs de
télécommunications. Ayant racheté l'an dernier son concurrent américain
Air Flash, Webraska est à l'écoute de l'industrie toute entière. Sentant
poindre l'oeil de Big Brother derrière le pouvoir de localiser les gens
à leur insu, son P-DG et fondateur, Jean-Michel Durocher, a publié au
mois de juin une sorte de code de bonne conduite à destination de ses
partenaires et clients. Il l'a appelé «Les trois lois de la
géolocalisation», inspiré des «trois lois de la robotique», de l'auteur
russe de science-fiction Isaac Asimov (1).
En substance: 1) La localisation, par sa disponibilité ou sa
non-disponibilité, ne doit pas mettre en danger un être humain. 2) La
localisation d'une personne doit rester sous le contrôle entier de cette
dernière, sauf si ce contrôle est en contradiction avec la première loi.
3) Offrir des services géolocalisés doit être une activité rentable,
dans la mesure où cette activité n'est pas en contradiction avec la
première ou la deuxième loi.
Reste maintenant à mettre ce théorème à l'épreuve. En sachant que
Webraska, comme ses concurrents et leurs clients opérateurs, n'ont pas
toutes les cartes en main pour servir de garde-fou, contre les dérives
possibles des LBS. Jean-Michel Durocher, de P-DG de Webraska,
s'entretient <http://news.zdnet.fr/story/0,,t140-s2120248,00.html> sur
ces questions avec ZDNet France.
(1) Première loi: un robot ne peut pas porter atteinte à un être humain
ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger; deuxième
loi: un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf
si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi; troisième
loi: un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette
protection n'est pas en contradiction avec la première ou la deuxième
loi. (I. Asimov, 1947).
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